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Communiqué du 10 octobre 2006

Trois semaines après le lancement de la grève générale de la CSTNC, le comité Rhéébù Nùù constate l’incapacité des décideurs institutionnels à répondre aux sollicitations des forces vives et ici en l’occurrence du monde syndical. Il y a, comme une grosse difficulté à appréhender des démarches qui se situent en dehors des logiques habituelles qui prévalent depuis plus de trente ans dans les rapports de type colonial qui régissent la vie publique en Nouvelle Calédonie. Fondamentalement qu’est ce qui a changé depuis les accords de Matignon et de Nouméa, mis à part le partage du pouvoir entre Trois Provinces, entre « blancs et noirs » et le retrait de l’Etat Français – autorité de tutelle ayant la responsabilité de décoloniser le pays –. L’Etat Français ne se consacre plus aujourd’hui qu’ à payer et réprimer quand les Présidents des provinces, du congrès et du gouvernement le lui demandent.

Rhéébù Nùù a fait ses constats tout au long du cheminement du dossier Goro Nickel durant lequel, aucun décideur politique loyaliste ou indépendantiste n’a voulu donner du crédit à ses arguments, jusqu’ à ce que le tribunal administratif de Nouméa lui donne raison.

Aujourd’hui Rhéébù Nùù avec les autres membres du CAUGERN ( Chefferies, Ustke, Associations environnementalistes) sont sur la table des négociations pour arrêter un accord cadre, préalable à toute relance du projet Goro Nickel au niveau administratif dans le cadre de la Province Sud ou de l’Etat Français concerné par l’aide fiscale de la loi Girardin.

Cette démarche nouvelle si elle se confirme et abouti, serait une première avancée dans la mise en place de la gestion participative et de la bonne gouvernance.

Mais elle est pour le moment, loin d’être acquise, bien au contraire et les obstacles actuels se situent du côté des pouvoirs politiques et institutionnels.

Ces obstacles, pour le Comité Rhéébù Nùù s’appellent « la pratique du faîte accompli ou la charrue avant les bœufs » et « un libéralisme économique pure et dure au profit des multinationales et au détriment de la population du pays et du développement économique à long terme du pays ».

Ces obstacles s’appelle aujourd’hui « absence de volonté ou de courage politique » pour arrêter le chantier de l’usine de Goro Nickel, stopper la venue des bateaux avec les modules, stopper ou suspendre l’arrivée des Philippins, alors que le chantier s’enfonce depuis le 14 juin dans une zone de « non droit » et dans la parfaite illégalité sur le plan réglementaire.

Le comité Rhéébù Nùù qui déplore que le CSTNC ne s’est pas inscrit dans une démarche globale avec le CAUGERN pour un vrai partenariat des forces vives en vue d’une révolution ou d’un changement profond sur le plan de la gestion des ressources minières et de la construction des nouvelles usines respectueuses de notre environnement naturel, de nos droits et des intérêts du pays,

Demande rapidement aux pouvoirs public compétents (la province Sud et le Gouvernement) de suspendre tout les permis de travail délivrés aux étrangers pour la construction de l’usine Goro Nickel, laquelle se poursuit en toute illégalité.

Propose qu’un 4 ème tour de table, se mette rapidement en place dans la configuration des précédentes sur le sujet, avec la présence de la CSTNC.

Le Président VAMA André


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