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LIGUE COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE (26-05-2006)

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Journée mondiale de l’environnement à Nouméa

Message de soutien d’Olivier Besancenot à la manifestation du CAUGERN. Experts et contre-experts se suivent sur le territoire pour étudier les rejets envisagés par INCO dans le lagon et dans l’air comme sur le stockage terrestre des déchets. Quelles que soient les formules employées, il en ressort qu’aucune certitude ne peut être établie aujourd’hui sur les conséquences de la mise en œuvre sur le territoire du procédé hydrométallurgie proposé par INCO à Goro. Tous les experts s’accordent pour dire que le procédé d’exploitation des latérites d’INCO ne serait pas autorisé aujourd’hui dans un pays développé qui respecte les normes environnementales, en particulier dans la métropole coloniale.

Le gouvernement actuel, comme celui de Lafleur hier, tous deux affiliés à l’UMP malgré leurs animosités réciproques, soutiennent que le principe de précaution en matière d’environnement consiste à « obliger » tout industriel à prendre des mesures de limitation de la pollution prévue au cas où elle s’avérerait trop importante.

En métropole, comme dans le reste de l’Europe, obligation est faite à l’industriel de ne pas attendre la pollution prévisible pour éliminer le risque. Mais dans cette colonie qui a été pillée, polluée et défigurée depuis plus de 150 ans, le principe de précaution s’applique à l’envers : ce n’est pas on évite la pollution , mais quand elle se produit, on « incite » l’industriel à la limiter.

Les populations kanaks qui tirent leur richesses de l’équilibre entre l’exploitation et la préservation de la terre, de l’eau et de la mer ont raison d’exiger que l’usine ne soit pas construite avant que des études sérieuses certifient les procédés mis en œuvre pour éviter les pollutions du manganèse ou du chrome hexavalent dans le lagon, du dioxyde de soufre dans l’atmosphère et des autres déchets toxiques solides sur terre.

La LCR soutient l’exigence de l’USTKE et de toutes les autres organisations réunies dans le CAUGERN de suspendre la construction de l’usine de Goro tant que n’auront pas été menées à bien - par un organisme indépendant - toutes les études environnementales sur ce nouveau procédé d’exploitation du nickel.

La position de la province Sud est claire : tant qu’il n’y a pas de pollution avérée, il faut aller de l’avant. C’est l’une des conclusions de Fabrice Colin, expert de l’IRD commandité par INCO : « pourquoi penser que les choses vont aller au pire ? Il faut d’abord le démontrer ». Nous ne sommes pas d’accord avec la démarche, c’est l’inverse du principe de précaution. Poser la question, c’est envisager une réponse positive, et si nous ne pensons pas que tout va systématiquement au pire nous envisageons cette hypothèse et exigeons qu’elle soit réfutée scientifiquement.

Nous refusons de faire preuve d’une attitude béate. L’histoire récente de cette terre, c’est son exploitation par des colons qui ont tiré un profit personnel de la défiguration du caillou comme ils l’appellent péjorativement, la destruction de l’ecosystème d’une bonne partie du littoral et les tribus entières spoliées de leurs moyens de subsistance et du cadre de vie permettant leur équilibre.

Enfin, et c’est fondamental aussi, la richesse du sous-sol de Kanaky est un atout essentiel pour la formation demain et le développement ensuite d’un état indépendant. L’exploitation des ressources au Sud n’est pas prévue pour durer plus de cinquante ans, si elle ne permet pas un développement durable du pays, si elle ne laisse pour des siècles qu’un lagon défiguré, pollué, sans faune ni flore, elle ne peut être acceptée.

Les générations futures de kanaky ont droit à un autre avenir, vous y travaillez. La LCR soutient ce juste combat pour que l’indépendance, demain, soit celle d’un peuple libre disposant encore des ressources terrestre et maritimes nécessaires à une vie digne.

A Montreuil, le 26 mai 2006


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